courage

Do not give up 2015253 1280

Nouveau diagnostic

Ça fait un mois que je n'ai pas posté de billet, je n'avais aucune force ni physique pour écrire ni psychique pour partager mon histoire. Aujourd'hui, je prends mon courage à deux mains pour t'expliquer la raison de mon silence.

Après une vingtaine d'années de douleurs pelviennes intenses et plus récemment respiratoires, j'ai consulté et consulté encore. Un nouveau diagnostic est tombé fin février : je souffre d'endométriose interne et externe à l'utérus.

L'association EndoFrance explique : "L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Sous l’effet des hormones (oestrogènes), au cours du cycle, l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse, et s’il n’y a pas fécondation, il se désagrège et saigne. Ce sont les règles. Chez la femme qui a de l’endométriose des cellules vont remonter et migrer via les trompes. Le tissu semblable au tissu endométrial qui se développe hors de l’utérus provoque alors des lésions, des adhérences et des kystes ovariens, (endométriomes) dans les organes colonisés. Cette colonisation, si elle a principalement lieu sur les organes génitaux et le péritoine peut fréquemment s’étendre aux appareils urinaire, digestif, et plus rarement pulmonaire."

En résumé, mon endomètre a squatté mon utérus et s'échappe pour dire "bonjour" aux autres organes. 

Imagine, avoir des douleurs pelviennes atroces, ne plus pouvoir s'assoir, avoir des contractions, mais aussi des douleurs articulaires accentuées, du mal à respirer, être essoufflée, souffrir de brûlures thoraciques, tousser, cracher avec du sang le tout à chaque période d'ovulation et de règles. 

Je crains que l'endométriose ait touché mon système respiratoire. Prochaine étape, une consultation est prévue avec un pneumologue spécialisé.

Les symptômes des autres maladies s'intensifient pendant ces périodes du cycle. Je me retrouve clouée au lit, ayant par moment un peu de force pour tenir debout et marcher difficilement.

Ne pouvant prendre aucun antalgique, aucune pilule en continu pour arrêter les règles, je tiens le coup en regardant des films et des séries. Je me zombérise pour tenir. J'hiberne en rêvant qu'un jour un remède existera, que ma vie évoluera dans le bon sens malgré la peur d'un avenir incertain.

Quand je n'ai plus la force de me battre, mon entourage me soutient en me remontant le moral, me rappelant que je suis courageuse. Quant à ma mère, chez qui je vis, elle m'aide énormément même si ce n'est pas toujours facile. Elle prend sur elle pour que je puisse garder le cap. 

Porte toi bien !

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Le combat d'une femme

Après avoir été maquilleuse artistique, je ne savais pas quoi faire de ma vie. Plusieurs personnes de mon entourage me mettaient la pression pour que je trouve un emploi et surtout dans une voie où il y a des débouchés. Oui mais quelle voie ? Tout ce qui m'attirait était les domaines artistiques mais il n'y en avait pas de réels. Et puis j'ai rencontré une conseillère affiliée au Pôle Emploi qui m'a accompagnée pendant un mois. Un mois où j'ai passé de nombreux tests, participé à des réunions avec d'autres demandeurs d'emploi.

Rapidement, le domaine était trouvé : le graphisme ! Sujet large, plusieurs métiers et un lien avec le maquillage. Au lieu de maquiller un visage, j'allais maquiller une maquette et mon pinceau allait être ma souris d'ordinateur. Au bout de deux ans, j'étais diplômée en tant que maquettiste infographiste. J'étais tellement fière de moi ! Mais la maladie s'est accentuée au début des vacances d'été et mes rêves de graphiste se sont envolés. Frustration totale !

Imagine, avoir l'impression de trouver sa voie, d'imaginer une vie meilleure dans un domaine qui te fascine et bam ! la vie te fait comprendre qu'en fait non, ça se passera pas comme ça !

Grâce à cette formation, un projet de cours a contribué à être celle que je suis aujourd'hui : la création d'un photomontage devant illustrer une personnalité vivante ou décédée puis expliquer ce choix.

La chance que j'avais eu, était que la veille j'avais vu le film "La femme au tableau" de Simon Curtis. J'étais bouleversée par cette histoire, d'autant plus qu'elle est vraie. J'avais pris la partie pris de parler de l'oeuvre de Gustav Klimt dont le modèle était Adèle Bloch-Bauer.

Pendant la Belle Époque, cette femme et son mari étaient mécènes auprès d'artistes dont le peintre Gustav Klimt. Adèle est devenue sa muse. L'un des tableaux qui l'a rendue célèbre est le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer I. Cette oeuvre est gravée dans l'Histoire à cause de la spoiliation faite aux juifs par les nazis qui en ont fait le symbole de l'Autriche. En 1998, Maria Altmann a trouvé dans les affaires de sa soeur décédée, ce tableau ainsi que des courriers appartenant à sa tante. Avec l'aide de son avocat, elle s'est battue contre l'adminstration autrichienne pour que cette oeuvre lui soit restituée. Au bout de quelques années, elle a eu gain de cause et son portrait est exposé à New York. 

En le regardant dans les livres d'art, je ressentais de la douceur émanant de cette femme et une force intérieure qui m'ont toujours fascinées. Je n'avais jamais imaginé parler de son histoire et encore moins lui consacrer un hommage par un photomontage.

Peu avant ce projet, j'avais eu mon premier diagnostic et je sentais une injustice. Pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi comme ça. Grâce aux recherches faites sur le combat de Maria Altmann, j'ai compris que la roue tourne et qu'un jour ou l'autre, on a gain de cause. J'ai aussi compris que la force intérieure ressentie en voyant le portrait d'Adèle Bloch-Bauer, je l'avais aussi et que j'étais capable de me surpasser. Je me suis rendue compte que je pouvais m'investir quand le sujet me passionnait jusqu'à reproduire le décor du tableau en arrière plan d'Adèle Bloch-Bauer.

Porte toi bien !

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