ressentir

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Le combat d'une femme

Après avoir été maquilleuse artistique, je ne savais pas quoi faire de ma vie. Plusieurs personnes de mon entourage me mettaient la pression pour que je trouve un emploi et surtout dans une voie où il y a des débouchés. Oui mais quelle voie ? Tout ce qui m'attirait était les domaines artistiques mais il n'y en avait pas de réels. Et puis j'ai rencontré une conseillère affiliée au Pôle Emploi qui m'a accompagnée pendant un mois. Un mois où j'ai passé de nombreux tests, participé à des réunions avec d'autres demandeurs d'emploi.

Rapidement, le domaine était trouvé : le graphisme ! Sujet large, plusieurs métiers et un lien avec le maquillage. Au lieu de maquiller un visage, j'allais maquiller une maquette et mon pinceau allait être ma souris d'ordinateur. Au bout de deux ans, j'étais diplômée en tant que maquettiste infographiste. J'étais tellement fière de moi ! Mais la maladie s'est accentuée au début des vacances d'été et mes rêves de graphiste se sont envolés. Frustration totale !

Imagine, avoir l'impression de trouver sa voie, d'imaginer une vie meilleure dans un domaine qui te fascine et bam ! la vie te fait comprendre qu'en fait non, ça se passera pas comme ça !

Grâce à cette formation, un projet de cours a contribué à être celle que je suis aujourd'hui : la création d'un photomontage devant illustrer une personnalité vivante ou décédée puis expliquer ce choix.

La chance que j'avais eu, était que la veille j'avais vu le film "La femme au tableau" de Simon Curtis. J'étais bouleversée par cette histoire, d'autant plus qu'elle est vraie. J'avais pris la partie pris de parler de l'oeuvre de Gustav Klimt dont le modèle était Adèle Bloch-Bauer.

Pendant la Belle Époque, cette femme et son mari étaient mécènes auprès d'artistes dont le peintre Gustav Klimt. Adèle est devenue sa muse. L'un des tableaux qui l'a rendue célèbre est le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer I. Cette oeuvre est gravée dans l'Histoire à cause de la spoiliation faite aux juifs par les nazis qui en ont fait le symbole de l'Autriche. En 1998, Maria Altmann a trouvé dans les affaires de sa soeur décédée, ce tableau ainsi que des courriers appartenant à sa tante. Avec l'aide de son avocat, elle s'est battue contre l'adminstration autrichienne pour que cette oeuvre lui soit restituée. Au bout de quelques années, elle a eu gain de cause et son portrait est exposé à New York. 

En le regardant dans les livres d'art, je ressentais de la douceur émanant de cette femme et une force intérieure qui m'ont toujours fascinées. Je n'avais jamais imaginé parler de son histoire et encore moins lui consacrer un hommage par un photomontage.

Peu avant ce projet, j'avais eu mon premier diagnostic et je sentais une injustice. Pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi comme ça. Grâce aux recherches faites sur le combat de Maria Altmann, j'ai compris que la roue tourne et qu'un jour ou l'autre, on a gain de cause. J'ai aussi compris que la force intérieure ressentie en voyant le portrait d'Adèle Bloch-Bauer, je l'avais aussi et que j'étais capable de me surpasser. Je me suis rendue compte que je pouvais m'investir quand le sujet me passionnait jusqu'à reproduire le décor du tableau en arrière plan d'Adèle Bloch-Bauer.

Porte toi bien !

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S'accepter par la photo

Je t'emmène en juillet 2016 pendant mes vacances.

Après une période très difficile, je suis allée dans un centre de développement personnel. J'avais choisi deux ateliers : la confiance en soi et estime de soi par la photographie et le slam. L'un, le matin et le deuxième, l'après midi.

Les premiers jours n'ont pas été faciles tant sur le plan émotionnel que physique. Tous les matins pendant une semaine, je suis passée par des étapes que je pensais infranchissables ou tout simplement pas pour moi. Pourquoi ? Parce que j'avais peur. Je me suis surpassée. Au bout de quelques jours, je me suis retrouvée dans une grande pièce vide où il n'y avait qu'un appareil photo sur trépied et moi. Au bout de dix minutes, j'ai pris mes marques et me suis me lâchée. Je me suis racontée une histoire en tentant de me sentir en accord avec mon moi intérieur. 

Je ferais un billet spécialement consacré à l'atelier de slam. 

Grâce à cette expérience incroyable, j'ai pu tenir bon jusqu'à aujourd'hui. Quatre diagnostics plus tard.

Porte toi bien !

Le fantasme de ma vie 2

Lire et renaître !

Quand j'étais adolescente, j'adorais lire des polars. Je me retrouvais dans des histoires où meurtre rimait avec enquêtes et indices avec mécanisme psychologique. Le fait d'entrer dans la tête des personnages me fascinait. Plus j'en lisais, plus je découvrais l'assassin avant la fin de l'histoire. J'ai vite compris que les étapes de l'enquête étaient les mêmes quel que soit l'ordre dans lesquelles elles arrivent à nous. Merci Agatha Christie de m'avoir transportée et fait aimer les années 1930.

Mais plus le temps passait, plus j'avais des difficultés à lire. Je suis passée d'ophtalmologue en ophtalmologue, de multiples changements de verres correcteurs avec un espoir de lire un livre sans vertige et autres problèmes pour réussir à en finir un.

Je me suis rabattue sur les films et séries. J'y ai découvert un univers passionnant jusqu'à aujourd'hui. Ne pouvant plus travailler, j'en profite grâce aux DVD et à Netflix.

Par moment j'avais l'espoir de pouvoir de nouveau lire un livre mais je savais que c'était peine perdue. Je me sentais frustrée ! 

Imagine, vouloir découvrir de nouvelles histoires, de nouveaux auteurs et être dans l'incapacité d'assouvir cette envie.

Et il y a deux jours, le miracle s'est enfin produit ! Grâce à une auteure et aquarelliste du nom d'Alicia Luz, j'ai enfin pu lire un roman en entier et sans aucun vertige ! 

Le titre de son roman m'a fait rêvé : Le fantasme de ma vie, pensées d'une trentenaire aux envies légères.

Ce livre érotique raconte l'histoire d'une jeune femme en accord avec ses valeurs et son temps qui profite de la vie, de ses passions et vit le moment présent. Une jeune femme d'aujourd'hui.

Ce roman est d'une sincérité incroyable. Il n'y a pas une once de vulgarité, bien au contraire. C'est tout simplement beau. Et pour cause, pendant deux heures, je me suis laissée surprendre par les éclats de rire, les larmes, la tendresse, la colère et l'envie d'une suite. J'ai lu le roman sans pause, littéralement happée par l'histoire.

Je me suis identifiée à l'héroine grâce à des souvenirs qui sont remontés à la surface. Je me suis reconnue dans ses pensées, dans sa manière de voir les situations avec légéreté. Ça m'a permis de prendre du recule sur des événements. Je me suis rendue compte à la fin de ces deux heures merveilleuses que j'ose à nouveau vouloir. Vouloir rêver, plaire, imaginer un avenir qui ne soit pas synonyme de maladie et d'invalidité. Merci Alicia !

Porte bien bien ! 

 

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Le coucher de soleil libérateur !

Il y a quelques jours, le ciel m'est tombé sur la tête pour la quatrième fois. Un nouveau diagnostic. Une autre maladie possiblement évolutive et complexe. J'en parlerais dans un autre billet.

Ça fait beaucoup pour une même personne ! Je n'étais pas au top de ma forme. J'en voulais au corps médical de ne pas l'avoir diagnostiqué plus tôt et aux personnes qui minimisaient mes douleurs. Je voulais que ça s'arrête et enfin vivre ma vie normalement. Je voulais me sentir bien, tout simplement au moins l'espace d'un instant.

Ce soir là, je regarde par ma fenêtre les yeux humides et fatigués. Et qu'est ce que je vois ? Un coucher de soleil. Pas n'importe lequel ! Magnifique et tout en sympbolique. 

Je suis passée des larmes au sourire en un quart de secondes ! Mon visage s'est tout de suite illimuné et me suis sentie apaisée. Je me suis laissée transporter dans une atmosphère bienveillante et chaleureuse. Je me suis sentie enfin libre ! Libre d'être vivante, de ne plus me sentir malade. Libre de ne plus avoir de douleurs. 

Par cette lumière vive passant à travers les nuages gris, je me suis souvenue qu'après chaque évènement douloureux, l'espoir revient et la vie continue.

Porte toi bien !

urgences - maladies et renaissance

Détour aux urgences

Vendredi dernier, j'avais une brûlure monstrueuse depuis la veille au soir au niveau des reins et de la colonne. J'étais entre deux sentiments. J'appelle le SAMU pour aller aux urgences ou je reste chez moi en étant inquiète parce que je crains une récidive de pyélonéphrite aigüe comme en mars de l'année dernière. 

Habituellement, je préfère rester chez moi puisque je sais d'avance que les urgentistes ne pourront rien pour moi. Avec les pathologies que j'ai sont rares, ils sont perdus. Bien trop de symptômes et de complications !

Sauf que ce jour là, j'en pouvais tellement plus à en pleurer, j'ai pris mon téléphone, appelé le SAMU et quelques minutes après me voici aux urgences de l'hopital le plus proche de chez moi. J'étais sur un brancard en étant semie assise et je me suis retrouvée face aux accidentés de la route dans le couloir d'accueil. D'un coup, j'ai eu l'impression de n'être pas à ma place et en même temps, j'entendais cette petite voix intérieure qui me disait "Si si, t'as le droit d'y être". 

Imagine, des femmes et hommes de tout âge, aménés sur des brancards par les pompiers, le SAMU et qui ont des minerves, des corsets, ou autres orthèses pour les aider à ne pas souffrir avec diverses perfusions. À côté, j'étais là avec mes brûlures et uniquement mes brûlures.

J'ai eu la chance d'être rapidement emmenée dans un box. C'est très rare de ne pas avoir à attendre des heures avant d'être pris en charge. On apprend à être patient aux urgences !

Une externe me pose plusieurs questions, m'examine. Des hypothèses sont évoquées, des examens sont faits, résultats négatifs. La pyélonephrite aigüe est écartée. La senior arrive quelques heures plus tard. Seconde hypothèse, écrasement des vertèbres. Rien à la radio. Soulagement !

Après plusieurs heures passées aux urgences, je repars avec deux pistes graves écartées, et des questions plein la tête. D'où viennent ces douleurs ? L'urgentiste, en conclusion, me dit d'en parler avec mes spécialistes et qu'ils seront à même de répondre à ces interrogations. 

Chance, j'avais déjà rendez-vous quelques jours plus tard avec mon neurologue ! Il m'explique que ces douleurs fulgurantes s'inscrivent dans le Syndrome d'Activité Mastocytaire. Cette maladie qui crée à elle seule un nombre incalculable de symptômes, d'inflammations et autres soucis de santé d'une complexité importante associée au Syndrome d'Ehlers Danlos qui déforme entre autres la structure osseuse.

Pour te donner un exemple, quand je mange ou qu'il y a une odeur de cuisine, les mastoocytes s'enflamment. J'appelle ça "les mastocytes fêtards !". Un facteur les excite, ils s'éclatent. Ça me crée de telles brûlures que j'en perds mes moyens. Imagine ta plus forte brûlure et que tu ne peux malheureusement pas prendre d'antalgiques. Tu perds pied, ta raison et ta tête explose. 

C'est mon cas à cause de mes réactions allergiques. Même si je ne peux pas prendre d'antalgiques, j'ai ce besoin de comprendre. Ça m'aide à aller mieux mentalement. Mon corps, lui, ne tient pas mais mon moral devient un peu plus fort chaque jour. Selon moi, comprendre est primordial. Dans ces moments intenables, je rationalise. Ça m'évite l'angoisse et le stress qui sont deux facteurs aggravants.

Porte toi bien !

Akita inu

Fidélité et loyauté

Ce soir, j'ai vu un film émouvant et tellement beau à la télévision ! En acteur principal, Richard Gere. Je fonds depuis que je l'ai découvert dans 'Pretty woman' avec Julia Roberts !  Le deuxième personnage n'est pas des moindres, un chien. Pas n'importe quel chien.

L'histoire retrace l'amour inconditionnel entre Hatchi, le chien et un professeur de musique, son maître pendant de nombreuses années. Un jour, son maître décède. Hatchi, qui comme à son habitude allait le chercher à la gare, est présent ce jour là à 17h. Il continuera à faire le même rituel jusqu'à sa mort neuf ans plus tard.

Cette histoire vraie s'est passée en réalité au Japon dans les années 1920. Depuis le décès de Hachiko (le vrai nom du chien) dans les années 1930, une statue lui a été érigée à cet endroit. Elle est devenue un symbole de fidélité pour les amoureux.

Je trouve que cette histoire, même si triste, relève de la beauté du coeur. La fidélité et la loyauté sont deux choses essentielles aux relations. 

Je le vois 'grâce' à la maladie. Je sais qui sont mes vrais amis, ceux qui ne m'ont pas tourné le dos. 

Si tout le monde pouvait avoir un coeur aussi gros qu'entre ces deux personnages ! 

Porte toi bien !